Rebecca Topakian
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Rebecca Topakian, présences fantomatiques en infrarouge

Sur la toile de fond d’un noir homogène des danseurs exultent dans les nuits gabbers que capte la photographe Rebecca Topakian.

Rebecca Topakian, photographe arménienne basée en France, tisse en fil rouge une réflexion au long cours sur les communautés : de Jéricho à son pays natal, de la scène punk aux soirées Casual Gabberz. Ses thèmes de prédilection : la nation arménienne, sa famille, la Palestine…

Passée par la philosophie et l’école de photographie d’Arles, Rebecca pose son objectif sur ce qui relie des êtres en groupe, autour de rituels quotidiens, de langages communs et d’espaces vécus ensemble. Observatrice des pogos ultra-violents de concerts métal, hardcore et punk (dont elle nous offre une vision singulière avec La Mêlée), elle scrute les nuits gabbers, éclairées de peu de spots, avec un appareil photo trafiqué afin de ne filtrer que les infra-rouges. Ainsi armée, elle se glisse dans l’obscurité des clubs et caves et vient surprendre, en voyeuriste, presque en voleuse, les corps extatiques dans la transe.

Elle vient y chercher une fête absolue, minimale, épurée des parades sociales et de la séduction pour une alchimie des corps tout entiers tournés vers la danse et la célébration de leur propre solitude. Lectrice de Maurice Blanchot (La Communauté Inavouable) elle donne à voir dans ces images statiques, dans l’étrange sourdine de ces monochromes presque transparents – où les veines bleutées viennent percer la peau blanche des danseurs – les paradoxes de la communauté festive, sur la ligne de crête entre singularité et appartenance.

Les torses nus, l’absence de marqueurs stylistiques et sociaux, débarrassent les danseurs des indices de leur vie diurne et donnent à voir ce qu’il en reste : le plaisir d’être hors-de-soi, bousculés par les mêmes nappes et beats, et la communion des solitudes. Son livre, paru aux éditions Classe Moyenne, petit bijou de grain et de soin, montre bien ces anti-portraits qui disent si peu de la personnalité des danseurs : tous semblables ensemble, interchangeables, autant de figures possibles d’une communauté dansante.

Retrouvez Rebecca Topakian aux côtés du sociologue Lionel Pourtau et de la photographe Gaëlle Matata, habituée des nuits de la Station, ainsi que Sentimental Rave, Lucie Montana (Comme Nous Brûlons) et Eric Stil (Collectif MU / La Station) dans la première émission “Démons de Minuit” sur le thème de la rave sur StationStation.

 

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