Des mixtapes, des dj sets, des créations et interviews, voici la sélection mensuelle de 5 podcasts de Station Station recueillis par l’équipe de la radio.

Station Plein Air

C’était à La Station, faubourg d’Aubervilliers, dans les jardins du Ricosaurus Rex. Avec l’entrain des premiers jours de printemps, les feuilles des arbres s’offraient une nouvelle jeunesse. Le soleil caressait tranquillement nos peaux encore trop timides pour affronter la chaleur de l’été et le vent frais susurrait des mots réconfortants à nos oreilles. Il était temps d’ouvrir en grand les portes du temple de la fête.

Le grand absent ne fut pas le froid, malheureusement aussi redoutable qu’un coup droit du Federer des grands jours, mais bien la pluie. Souvent redoutée, parfois menaçante, il aura fallu l’esprit des sorciers des bureaux du 29, avenue de la porte d’Aubervilliers pour éviter avec brio et détermination le cataclysme. C’est sans aucun doute la force des grandes équipes, elles sont toujours là les soirs de grands matchs.

Parmi les nombreux événements de ce week-end d’exception, il y eut un candidat de Top Chef infiltré dans la foule, un groupuscule incontrôlable de Villejuif, des sourires timides et délicats, des cris de joie communicatifs, des coeurs brisés ou d’autres conquis et in fine le chaos sensuel d’une piste de danse oscillant langoureusement entre lumières et ténèbres.

Mais trêve de bavardages, on vous laisse avec ces sept rencontres qui immortalisent à notre manière ce week-end mémorable. Drôles, sérieuses, désordonnées et bienveillantes, elles sont à l’image de ce qu’on aime profondément faire à la radio : on improvise, on voit ce qui se passe mais surtout on le fait avec panache

Le Villejuif Underground

On abandonne toute idée d’interview sérieuse au bout de la première question et on laisse ces quatre garçons pleins d’avenir en roue libre dans le studio de la radio. Moitié diables de Tasmanie, moitié rejetons d’une screwball comedy hystérique, ces trublions du 94 n’en restent pas moins un groupe attachant. Intelligents dans leur approche de la composition, leur live aura ce soir-là livré toutes ses promesses, entre autodérision et véritables moments de bravoure.

Dollkraut

C’est lors du derush des enregistrements pour ce podcast que l’on se souvient des mots prononcés lors de cette étonnante rencontre qui a eu lieu vers minuit, avant de se poursuivre au beau milieu d’une nuit agitée se fondant sereinement avec l’aube d’un jour ensoleillé. Cette interview est à l’image de la musique et du live des hollandais : accueillante, généreuse, addictive et flirtant avec les ténèbres pour finalement en faire ressortir les plus belles lumières.

Rose Mercie

Il fait à peine quatre degrés dehors. Une reprise tambour battant de PNL, des échanges hasardeux d’instruments, une batteuse tapant un Go Fast afin d’assurer un concert programmé ailleurs vingt minutes plus tard. Cela ne fait que nous confirmer que derrière l’apparence brinquebalante du groupe francilien se cachent des compositions maitrisées, intelligentes et touchantes de sincérité qui laissent transparaître derrière les oublis volontaires et les erreurs magnifiées une belle et sincère amitié. N’ayons pas peur des mots, c’est un de nos gros coups de coeur du week-end.

Zombie Zombie

Être devant un live de Zombie Zombie c’est un peu comme assister à un match de l’Ajax 2018, du Brésil 70 ou du FC Lorient 2010. Ça attaque, ça défend, ça produit du beau jeu, c’est élégant, limpide, irrésistible et on sait pertinemment qu’on en parlera un jour avec nostalgie au coin du feu.

Mauvais Oeil

Très beau projet parfois chanté en arabe, parfois en français et dont les compositions osent volontiers s’aventurer vers des contrées inattendues. En témoigne, l’incroyable final de Asha qui accompagne ce podcast.

Deliluh

« Si vous étiez une équipe de foot, laquelle serait-elle ? ». La réponse d’un des membres de Deliluh est à la fois une des plus originales et une des plus belles : « Equipe du Danemark 92 car j’ai été conçu le soir de la victoire ». Car oui, le football est avant tout affaire de romantisme et de passion et c’est pour cette raison qu’il est le plus beau des sports mais aussi, parfois, le plus terrible des théâtres.

Eric Stil & Valentin Toqué, l’équipe de la Station

Des imprévus, des apartés, des portes qui s’ouvrent et se ferment, des invités qui se succèdent sans être vraiment invités mais dont la présence est essentielle, des sujets qui s’enchaînent de manière chaotique et où pourtant tout semble être en place avec une sérénité et une classe désarmante. C’est l’énergie d’une drôle de sitcom qui fonce tête baissée en plein coeur du 93. On en est à la quatrième saison et elle est déjà pleine de promesses.

Interviews : Clément Douala-Dibouti Quenum & Max-Antoine Le Corre
Son Interview : Robin Cordier & Marine Sahabi Ghomi
Montage Podcast et Texte : Max-Antoine Le Corre

S.O.S. Erotic #1 :

Thi-Léa voyage entre Eros et Thanatos, pourchassant l’idée d’un érotisme perdu dans un vacarme tonitruant et entrecoupé d’explorations liquoreuses ou de phases sensuelles. Pour cette première production, un mix d’une heure, détaillé ici-même par son autrice :

“Mon mix se dessine progressivement, je commence par un remix de Die Orangen par Tapan, je ressens les percussions comme une parade, le morceau est lent et sensuel. Pour le troisième track je ne pouvais pas faire ce premier mix sans passer Subterranean Subhuman de Sleep Chamber (de l’album Submit To Desire, on ne peut plus érotique!). Une fois les préliminaires finis on passe vite aux choses sérieuses, des tracks beaucoup plus denses s’enchaînent, Obsession de The Klinik représente bien l’atmosphère qui me plait, qui m’habite. C’est saccadé, c’est sombre et sexy à la fois. Je recherche la contradiction, la perdition dans la musique et c’est de là que m’est venu le nom S.O.S. Erotic. J’imagine cette émission comme une asphyxie érotique (le fait de priver le cerveau d’un partenaire ou soi-même d’oxygène dans le but d’en tirer un plaisir sexuel).

Dans la suite du podcast, j’en ai profité pour caler quelques découvertes cassette sur les compil’ de META MOTO ou bien Corps Déchiré. On passe aussi par un Rusty (vraiment Rusty) Tractor, le dernier Lostsoundbytes sur Demord Enregistrement, ou le copain Legion 808 avec Cigarette Greatest Hits. Le moment est venu de relâcher la pression avec l’incroyable The Other Stranger de Doxa Sinistra, la balade qui te met dans tous tes états, qui te transperce en plein coeur, je l’écoute en boucle.

On passe un peu par toutes les phases, une grosse colline à escalader nu !”

Sans Trame Ni Chaîne #25 – Live par Dentelle :

Sans Trame Ni Chaîne est une émission mensuelle produite par Dentelle, duo de musiciens formé par Terdjman et Paulie Jan. Lors de leurs émissions, ils s’adonnent généralement à des dj set expérimentaux, égrenant leurs dernières trouvailles. Cependant, pour ce dernier numéro, ils se sont réunis autour de leurs machines pour une heure d’improvisation live électronique, noise et ambiante…

“Notre live est une improvisation quasi intégrale. Seul le dispositif de génération sonore est prévu à l’avance.

Nous jouons principalement sur 2 machines branchées ensembles de sorte que le son émis par l’un des deux musiciens est toujours ré-injecté en continu dans la machine de l’autre, et réciproquement. C’est ce qu’on pourrait appeler exactement (et assez pompeusement) une boucle de rétroaction.

Ce système de bouclage rétroactif fonctionne sur un principe homéostatique où un équilibre est maintenu en perturbant le système sonore, que nous adaptons en temps réel, de sorte que nous manipulons ensemble un même matériau. C’est la circulation entre musiciens et machines qui produit la musique. On pourrait décrire le processus comme une sorte de continuum de cadavre exquis, où le séquentiel est remplacé par l’instantané. Ce procédé vient en surimpression des règles classiques de l’improvisation (suivre, harmoniser, créer des ruptures, question / réponse…) et nous permet une approche timbrale/spectrale, sans code. Le résultat pour nous est un approfondissement de l’expérience musicale, une amplification de l’écoute mutuelle (fondamentale, que la musique soit improvisée ou pas). Le principal bénéfice est surtout un grand plaisir de jeu, la seule raison d’être de ce projet étant, il faut bien le dire, la joie de jouer ensemble (et la consommation immodérée de premiers crus bourguignons). ÇA ET DES KICKS DE GABBER QUAND ON VEUT SE DÉFOULER.”

Alcantara Mon Amour #6

« ALCANTARA, MON AMOUR » ? Ça veut dire quoi ? Qu’est ceci ? Qu’est cela ?

Qu’est-ce que « ALCANTARA » ?

Qu’est-ce que « , » ?

Qu’est-ce que « MON AMOUR » ?

« ALCANTARA » c’est un tissu pour recouvrir des surfaces.

Quelles surfaces ?

La « , ». « , » c’est la respiration.

Quelle sorte de respiration ? « MON AMOUR ».

« MON AMOUR » signifie le potentiel que l’on a à donner en quantité illimitée et sans contrepartie et à la fin on meurt.

ALCANTARA, MON AMOUR, est une émission mensuelle dans laquelle nous explorons à partir d’un thème tout ce qui nous passe par la tête : des textes à nous et des textes à d’autres, du passé composé et du conditionnel présent, de la musique qui sonne sonne sonne et de la musique qui donne donne donne.

ALCANTARA, MON AMOUR #6, mercredi 17 avril 2019, le programme : • Alcantara, cœur d’acier • Se faire cuire sans bouger • Disparaître derrière un bouquet de fleurs déshydratées • Chacun fait, fait, fait c’qu’il peut, peut, peut • De la flûte, de la flûte, encore et toujours de la flûte • Un petit point *conjugaison* et un petit point *alphabet*.

 

Sélection des émissions : Juliette Gamblin et Marie La Nuit
Texte : Marie La Nuit

 

 

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