CLAQ ton KLUB et ton ACCOR : soutien aux employé.e.s de l’hôtel IBIS Batignolles

Le Comité de Libération et d’Autonomie Queer (CLAQ) organise deux soirées de soutien aux employé.e.s grévistes de l’hôtel IBIS Batignolles les 17 et 18 janvier prochain au Garage MU et au Klub.

Ces soirées rassembleront collectifs LGBTQIA+ et personnes hétéros-cis autour de projections-débat, ateliers collage et autres performances afin d’apporter soutien aux grévistes et de repolitiser les fêtes queer. Rencontre avec Camille, militant.e du CLAQ.

Qui es-tu ? Quel est ton engagement au sein des luttes queer et féministes ?
Je suis Camille, militant.e du Comité de Libération et d’Autonomie Queer (CLAQ).

Comment le collectif CLAQ a t-il pris connaissance de la grève des employ.é.e.s de l’hôtel IBIS Batignolles ?
Le CLAQ étant un collectif animé par l’envie de lutter pour la justice sociale, on circule et crée des espaces militants qui nous permettent de rencontrer les grévistes. On était au courant de leur lutte, notamment suite à l’organisation de l’événement de soutien des Féministes Révolutionnaires à Paris 8 en décembre dernier.

Peux-tu faire un point sur la situation des grévistes ?
Les grèves dans le secteur de la sous-traitance se répètent depuis des années. Les grandes chaînes telles que le groupe ACCOR gardent leurs marges de profit en faisant des économies dans ce qui est pourtant le cœur de leur métiers : les bonnes conditions des chambres pour accueillir des clients. Ils font ça notamment en faisant appel à des entreprises de sous-traitance (ndlr : ici la société STN), qui ont des comportements mafieux et qui souvent embauchent des femmes racisé.e.s, immigrées ou issues de l’immigration, dans des conditions de précarité administrative, pour les assigner, comme il est souvent le cas dans notre société, aux tâches sous-payées les plus difficiles. Sans aucune justification objective et avec la complicité des grands groupes hôteliers, ces sous-traitants imposent des cadences inhumaines aux employées qui au bout d’un moment n’en peuvent plus et, naturellement, s’organisent et demandent de meilleures conditions de travail. C’était le cas l’année dernière avec les femmes de chambre du Park Hyatt Vendôme et l’année d’avant avec les employées du Holiday Inn. Ce n’est pas seulement le cas en France. En Angleterre et en Espagne, des femmes de chambre se sont également organisées et ont fait grève afin de dénoncer les mêmes conditions de travail.

Crédit CGT HPE
Crédit CGT HPE

Quel est le rôle de la communauté queer face à cette lutte ?
Dans un contexte d’instrumentalisation croissante des enjeux féministes et queer à des fins de justification de politiques sécuritaires ou excluantes, surtout en Europe, face au pink-washing auquel s’adonnent les États européens, face à la commercialisation et à la marchandisation de nos sexualités et identités, je pense qu’il est fondamental pour les queers de rester ce qu’ils ont toujours été : une nuisance à l’ordre établi et les précurseur.se.s d’autres formes, plus émancipatrices et joyeuses, d’organiser la société.

Au delà de la récolte de fonds et de la solidarité des collectifs queer, quels sont les enjeux de ces deux soirées ?
Visibiliser la grève, dire aux grévistes qu’elles ont des raisons de faire ce qu’elles font pour ne pas se décourager et repolitiser les fêtes queers ; créer un safe space autour des luttes.

Les luttes de la communauté LGBTQIA+ sont encore invisibilisées au sein la société patriarcale, comment faire pour les soutenir ? En tant que personne hétéro-cis par exemple …
Il n’y a pas que les dimensions identitaires et de représentation dans nos luttes, il y aussi des questions matérielles et de justice sociale. Ces choses-là ne s’opposent pas, au contraire, elles se complètent. Dans un sens, nous sommes féministes et anticapitalistes. Le soutien à une lutte menée pour des travailleuses principalement hétéro-cis, comme c’est le cas des femmes de l’Ibis Batignolles, est dans la continuité de nos luttes car il s’agit là d’une lutte exemplaire contre l’exploitation capitaliste moderne qui touche notamment les domaines du care (travail ménager, aide à la personne…) où sont très majoritairement employées des migrant.e.s, des sans papiers et des femmes racisées.

Sinon, pour les mecs ou meufs cishétéros blanc.he.s, qui ont des papiers européens ou qui ne sont pas exploité.e.s par le système capitaliste à la même intensité, qui se posent la question de leur place dans tout ça, je dirais d’abord que tout soutien concret et matériel est dans ce cas le bienvenu (afin de nous permettre de nous réunir dans des locaux, soutenir / relayer nos actions / participer aux caisses de grèves…). Ensuite, effectivement, s’il s’agit de lutter – et de faire la fête – à côté des personnes racisé.e.s, femmes et/ou queer, il faut être également prêt.e à questionner ses privilèges, jusqu’à les abandonner.


Vendredi 19 janvier 19h-23h30 – CLAQ TON ACCOR – Garage MU
événement facebook
– Débat avec les grévistes
– Projections autour de la grève
– Performance « Million euro bébé » – Gio
– Lecture – Claire Finch et Élodie Petit
– Dj Set Friction Magazine
– Atelier collage avec les colleuses, activistes et féministes

Avec la participation de l’association Diivineslgbtqi+ et du CLAQ (Comité de Libération et Autonomie Queer)
Profit de la soirée reversé à la caisse de grève.
Garage MU / Métro Château Rouge

Samedi 18 janvier 00h-06h – CLAQ TON KLUB – Le Klub
événement facebook
– Bagarre (live)
– Pauline Forte / Fils de Vénus (dj)
– De Vedelly (dj)
– Cheetah (dj)
– Leslie Barbara Butch (dj)
– Mariøn / La Klepto (dj)
– Sophia Djitli (intervention)

Le Klub / Métro Châtelet – 5€ avant 1h, 8€ ensuite

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