BrutPop, musique brute et trafic sonore

Comme une réaction au coût immodéré des instruments et à leur inexistante convenance pour un public handicapé ou parfaitement novice, Antoine Capet et David Lemoine ont décidé de développer des ateliers de confection d’instruments et d’expérimentation de musique noise et spontanée.

A l’origine de BrutPop, Antoine Capet – ancien éducateur spécialisé activiste du son et David Lemoine – chanteur et bidouilleur au sein du très estimé groupe Cheveu – veulent accroître la promotion de la musique expérimentale auprès d’un public dit autiste ou en situation de handicap. Des centres d’arts aux établissements scolaires ou spécialisés, ils mettent en place des ateliers au cours desquels ils conçoivent et testent des instruments inspirés par la création numérique orientée DIY et la lutherie simplifiée. Ludiques, épurées, simples d’utilisation, les machines sont façonnées pour un public handicapé, sur le plan sensoriel, moteur ou psychique, mais également pour tous les musiciens néophytes, enfants ou adultes, qui se lancent dans le trafic sonore. Prennent vie des guitares, des thérémines, des synthés ou des pédales d’effets… à l’image de leur Brut Box, un contrôleur midi modulaire capable de produire du son avec de simples mouvements de la main ou une source de lumière.

Leur objectif est relativement simple : développer de façon sensible la pratique de la musique expérimentale – en passant notamment par l’exploration de la noise – pour faire émerger une création hors des carcans médicalisés ou scolaires. Car dans leur entreprise, les membres de BrutPop établissent nombre de ponts entre des artistes « bruts » et des artistes du paysage underground. Croiser les scènes, des punks, des enfants et des hackers, et dès lors tendre vers une accessibilité universelle en réunissant une communauté non uniforme autour du plaisir du son. Qu’importe l’expérience ou la technique du musicien, tous doivent être capables de se produire sur scène grâce à leurs instruments.

Depuis 2017, ils ont initié une résidence au premier étage de la Station – Gare des Mines, où ils ont entreposé tous leurs outils et une dizaine de postes dans le SonicLab, véritable hackerspace consacré à la création musicale et la fabrication desdits instruments. Une initiative qu’ils partagent avec le public lors d’ateliers organisés avec des structures sociales et scolaires, des jeunes du quartier mais aussi à la Gaîté lyrique où ils interviennent dans des tables rondes et organisent de nombreux ateliers parmi lesquels des concerts spéléologiques.

Cette année, entourés de développeurs, graphistes, constructeurs, ingénieurs du son et codeurs, ils réfléchissent dans le Sonic Lab à la mise en place de prototypes d’installations sonores à la Philharmonie de Paris, esquisse d’un futur musée interactif dédié aux enfants. Les 10 et 11 mai, ils présenteront autour d’une Kermesse Sonique, les instruments et dispositifs réalisés durant la saison passée.*


Vidéo : Julia Maura

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