Jeanne Guien à tâtons retrace l’histoire des portes de Paris dans une création radiophonique en six épisodes, de la Villette à Ivry

Jeanne Guien est doctorante le jour. Depuis le petit studio de Station Station, un œil sur le trafic du périphérique, un soir par mois depuis 2018, elle prend l’antenne pour « à la Porte », un cycle d’exploration géographique, historiques et philosophiques des Portes de Paris

Qui se demande où suis-je moi qui suis et qui suis-je moi qui suis là ? Où suis-je et qui suis-je quand je suis à la porte, à la porte de Paris ?

C’est par cette question récurrente que débute chaque émission qui découd l’histoire de la capitale au travers de ses relations complexes au dehors. Les portes se donnent à lire dans une dialectique d’exclusion et d’invisibilisation, points de contact scrutés en chien de faïence, impensé qui gratte le lisse de la ville Lumière, zones toutes de luttes et de marges. D’une langue virtuose et joueuse, alternant répétitions conscientes, glissements, jeux de mots et de rimes, Jeanne Guien fait sonner les portes au gré d’interviews, d’archives et de musique, leur rendant par l’anecdote et les visions croisées leur épaisseur.

“On danse à la Villette” est le premier opus de la série. Réalisée hors-les-murs dans le cadre du festival Villette Sonique, l’émission nous embarque au son de Fanju, d’Oxmo Puccino ou de Boris Vian dans la destinée de ce petit village annexé à la capitale pour en devenir l’abattoir (23 000 moutons et 5 000 boeufs tous les jours, on y “barbote dans le sang”) avant que la tuerie ne déménage, plus loin, loin du centre, à Rungis. Ces 50 hectares de rien dans les 70’s deviennent un lieu de fête et de danse et l’on s’immerge, par le récit de Thierry, teuffeur de l’époque, dans les premiers concerts des “Abattoirs” et déroule le temps jusqu’à aujourd’hui aux sons d’interviews de spectateurs de Villette Sonique.

Découvrez l’intégralité du cycle sur Station Station : cette promenade en orbite autour du périphérique rappellera les transhumances en slow motion des artistes Boijeot Renauld, joignant Châtelet depuis les portes de Paris en progressant chaque jour de quelques mètres (Grand Pari. To Attack Paris from its 35 gates), ou encore cette méditation sur l’état d’urgence de l’artiste Ekaterina Vasilyeva, performance déambulatoire de promeneurs obsessionnels remontant Paris, depuis ses portes à son coeur, portant à bout de bras un gyrophare policier, trace bleutée de nos angoisses (Augenmusik).

 





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